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Jean-Paul Marat

né à Boudry[1] en 1743

Voir sa biographie courte[2]

Sa page wikipedia[3]

Livre : Les chaînes de l'esclavage[4]

Né avec l'amour de la gloire[5]. (page 1)

"... où est donc le si grand crime que d'avoir demandé 500 têtes[6] criminelles pour en épargnier 500'000 innocentes! Ce calcul même n'est-il pas un trait de sagesse et d'humanité?" (page 6)

"... , car je ne consentirai jamais à tromper[7] le peuple." (page 7)

"Dès qu'une fois un peuple a confié à quelques-uns de ses membres le dangereux dépôt de l'autorité publique et qu'il leur a remis le soins de faire observer les lois, toujours enchaîné par elles, il voit tôt ou tard sa liberté, ses biens, sa vie, à la merci des chefs[8] qu'il s'est choisi pour le défendre." (page 22)

"L'or ? mais l'or est le salaire[9] d'un flatteur, d'un baladin[10], d'un histrion[11], d'un mercenaire, d'un valet, d'un esclave[12]." (page 33-34)

"Les chefs, nommés ducs ou princes, c'est à dire conducteurs ou commandeurs, étaient de simples citoyens qui se distinguaient par leur habilité, leur courage et surtout leur éloquence : car c'est principalement de l'art de persuader[13] que venait l'ascendant qu'ils avaient sur leurs compatriotes." (page 35)

"... Pour obtenir [les grands emplois], il ne fut plus question de se distinguer par un mérite supérieur, mais de plaire; et bientôt les courtisans ne songèrent qu'à étudier les goûts du prince, à profiter de ses faiblesses, à se prêter à ses caprices, à flatter ses passions, à ramper à ses pieds[14].
Dès lors l'amour de la gloire, le courage, la franchise, la générosité, l'élévation des sentiments firent place à la souplesse, à l'adulation, à l'hypocrisie[15]." (page 46)

"Avant de paraître en public, quelquefois, Elisabeth[16] commandait à ses gardes de frapper sur la populace[17] : puis comme si elle eut été réellement fâchée qu'ils eussent suivi ses ordres, elle relevait aigrement leur brutalité, et s'écriait que ses sujets étaient ses enfants, qu'on se garda bien de leur faire outrage[18].
Séduits par ces faux aires de bienveillance, les malheureux se précipitaient à ses pieds, en bénissant leur reine[19]." (page 54)

"Ainsi les jeux[20], les fêtes[21], les plaisirs[22], sont les appas de la servitude, et deviennent bientôt le prix de la liberté, les instruments de la tyrannie[23]." (page 62)

"Ainsi, dans les républiques, l'extrême inégalité des fortunes[24] met le peuple entier sous le joug d'une poignée d'individus[25]." (page 74)

"Rien de plus ordinaire aux princes que de troubler l'élection des magistrats populaires, en soudoyant des tapageurs[26] et des coupe-jarrets pour maltraiter les électeurs qui portent des patriotes purs, et insulter les officiers de police[27] qui veulent faire respecter la loi." (page 115)

"... [le prince] n'oppose à leur plaintes que la dérision: il répond qu'il est toujours prêt à écouter[28] les griefs de ses sujets, qu'il n'a rien de plus à coeur que le bonheur de ses peuples[29], et il les renvoie avec ces beaux discours." (page 138)

"Si les intrigues de cabinet ne peuvent diviser les mécontents, les mesures que prennent les mécontents[30] eux-mêmes pour assurer leur liberté y parviennent presque toujours; ..." (page 174)

"Quand ses chefs ne sont pas d'une vertu[31] à toute épreuve, on s'applique à les corrompre, ...
Si on ne peut les corrompre, on travail à se les faire livrer par leurs propres adhérents : et combien de fois de lâches[32] perfides n'ont-ils pas cherché à mériter leur grâce ou à gagner la faveur, la tête de leur chef à la main." (page 175-176)

"Le tyran[33] fut-il abattu, la liberté n'est pas recouvrée pour cela. Tous étaient d'accord contre la tyrannie ; mais est-il question de fixer une nouvelle forme de gouvernement : plus d'union ; ..." (page 179)

"Pour apaiser le peuple irrité, il arrive bien quelquefois que le prince lui sacrifie ses ministres[34], ...
A ces ministres congédiés, il n'a fait que donner des substituts et la nation est sottement satisfaite." (page 184)

"Déjà ce ne sont plus les soldats de l'Etat, mais ceux du prince : et bientôt ceux qui sont à la tête des armées ne sont plus les défenseurs du peuple, mais ses ennemis[35]." (page 198)

"Jaloux de commander pour s'enrichir, et de s'enrichir pour commander, il sacrifie tour à tour l'un ou l'autre de ces avantages à celui des deux qui lui manque : mais c'est afin de parvenir à les réunir un jour qu'il les poursuit séparément, car pour devenir le maître de tout il faut avoir à la fois l'or et l'empire[36]!" (page 205)

"Pour asservir les peuples, ... : ainsi, après leur avoir donné tous les besoins du luxe, ils leur ôtent les moyens[37] de les satisfaire." (page 222)

"Au lieu d'administrer avec sagesse les revenus publics, ... il les consommait à faire des jets d'eau[38], à bâtir des palais[39], à transporter des montagnes[40], à forcer la nature[41]..." (page 225)

"Au commencement de la monarchie, l'autorité royale était bornée[42] au pouvoir exécutif : la suprême puissance résidait dans les assemblées[43] de la nation, où tout homme libre avait droit d'assister." (page 234)

C'est comme si il avait écrit cela aujourd'hui, avec 250 ans d'avance.
Ou déjà en retard...
Mais qui est le prince[44] en Suisse aujourd'hui ?

Non, Non rien n'a changé[45]...



Statue de Marat[46]

Son ADN[47]

Histoire suisse[48]



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